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30/10/2011

Ecouter, jouer, créer - osaka 2011

Conférence de Jean-Louis Agobet

30 novembre 2011

Doshisha Women's College of Liberal Arts

Kyoto - Osaka (Japon)

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La « Méthode » décrite par Jean-Louis Agobet dans  Ecouter, jouer, créer   est entièrement issue de son expérience musicale et de sa pratique pédagogique. C’est une pédagogie d’approche du sonore et du musical inspirée des principes de composition actuels. Elle est aussi appelée « créativité instinctive » parce qu’elle développe les capacités créatives présentes en chaque enfant.

 

Avec le plaisir de la découverte du monde sonore (et dès le plus jeune âge), les enfants peuvent, sans aucune compétence musicale particulière,  développer leur créativité et leur capacité d’écoute dans le respect de leur propre rythme, de leurs propres envies.

 

Cette démarche pédagogique totalement originale n’est pas à proprement parler un apprentissage musical au sens traditionnel, mais elle est essentielle à l’épanouissement musical et au-delà ; à la réussite pour le développement des capacités d’écoute, d’attention, d’analyse et de détermination.

Et cela en créant des séquences musicales utilisant des nouveaux sons, des rythmes et textures originales, ce qui est une voie intéressante pour stimuler la créativité des enfants et enseigner une série de concepts musicaux complexes.

 

Les ateliers de créativité sonore et le projet LabOrchestre, créent et développent les compétences et le langage par une approche très innovatrice utilisant la composition et le modèle orchestral comme outil éducatif.

 

Cette conférence s’adresse aux musiciens, pédagogues, responsables de structures éducatives et musicales, mais aussi aux universitaires et directeurs des départements éducatifs des orchestres. Elle permettra de découvrir les principes de ces ateliers, leur déroulement et leurs objectifs, ainsi que le projet LabOrchestre.

 

Conférence en français avec traduction simultanée en japonais.

25/10/2011

Japan Tour 2011

Jean-Louis AGOBET

Japon¬nov. dec. 2011

 

30 novembre 2011 Osaka

Doshisha University 15h

Conférence Pédagogie de la créativité sonore

autour de son essai ecouter, jouer, creer

 

 

5 décembre 2011 Tokyo

Meijigakuin University Art hall  18h

pré concert talk  17h30

 

Eclisses, pour quintette (première japonaise)

Leben, pour violoncelle et piano (première japonaise)

Spectre, pour flûte et percussion (première japonaise)

Les ombres dansent, pour deux clarinettes et piano résonant


Solistes du Tokyo Sinfonietta


avec le soutien de la Sacem, l'Ambassade de France à Tokyo, Peermusic Classical, Meijigakuin University, Tokyo Sinfonietta, Doshisha University.

télécharger le communiqué

09/11/2008

Ecouter, jouer, créer - Du signe au langage

Un nouvel extrait de l'ouvrage en préparation.

© Jean-Louis Agobet - 2008 pour la version française - Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays.

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Jean-Louis Agobet
Ecouter, jouer, créer

III- Du signe au langage

« Langue et écriture sont deux systèmes de signes distincts. L’Unique raison d’être du second et de représenter le premier … »


Pour organiser les sons, il faut les représenter et la représentation de ces sons permet de les combiner, de les composer. Il ne pourra être question de créativité sonore qu’à partir du moment ou nous aurons la maîtrise du langage, ou plus exactement la conscience que nous manipulons des objets sonores pouvant s’articuler les uns avec les autres, prendre sens.
A ce stade il faut très vite expliquer, illustrer par des exemples simples, de brèves séquences associant deux sons, par exemple dans la combinaison des deux éléments les plus simples, la ligne (un son continu) et le point (un son bref).

Ecoutons d’abord l’un puis l’autre
Le son bref, en tapant dans les mains
Le son long, continu, entretenu, par un s, soufflé entre les dents.

L’un et l’autre, indépendamment, sont un son isolé. Mais l’articulation des deux change la perception que nous pouvons en avoir. Voici deux exemples :

ssssssssssssssssss •
Le son bref en conclusion du son long, entretenu, marque une ponctuation, une terminaison. Il indique clairement une coupure, une rupture. L’articulation des deux sons leurs donne un sens.

• sssssssssssssssssss
A l’inverse, si le son bref précède le son long, celui-ci devient une conséquence, à la manière d’une résonance.
Le signe permet d’appréhender ces différences, de les représenter, c’est un outil de compréhension, non une finalité, … l’unique raison d’être du second est de représenter le premier … .

Il faut maintenant dépasser l’association qui crée le sens pour exprimer à l’aide de signes articulés. Il faut tout d’abord se mettre d’accord sur des  conventions qui, si elles peuvent être changées ou augmentées, doivent être communes au même groupe au même moment pour signifier pour tous. Même si c’est une question de bon sens, il faut le rappeler.
Nous abordons dans cette partie une question cruciale qui, sous bien des aspects, ouvre d’innombrables chemins. L’un deux, et c’est pour cela que la question est si importante, implique celui du choix, la capacité à chacun de se déterminer dans un choix initial. Pour quoi faire tel choix plutôt que tel autre ? C’est sur le principe de causalité qu’il faut alors se pencher. Si nous faisons un choix A, il devient une condition pour B, et ainsi de suite, (d’où l’importance du choix initial). Même dans un travail où on laissera s’épanouir un développement organique a partir de ce choix initial (se générant lui même en quelques sorte, sans réel contrôle de la totalité des paramètres) il sera possible de retrouver cette relation de causalité. Cependant, nous ne sommes pas dans la position d’une analyse à posteriori, nous devons faire preuve de déterminisme. Cela peut sembler surprenant dans notre travail, mais notre volonté de choix est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent (le rapport de causalité de A et B). Voilà pourquoi le point d’origine est capital et l’articulation, les articulations qui en découlent, sont dans une relation (des relations) qui se définissent comme un langage avec sa propre logique.

Il n’est bien évidemment pas question de s’engager dans une telle démonstration dans le cadre de nos ateliers. Nous sommes là dans un certain niveau de complexité, mais il faut expliquer simplement qu’une question doit être posée souvent ou cours de l’avancement du travail : pourquoi ? et il faut bien sûr y répondre.

Nous devons donc impérativement être conscient que l’ensemble de signes (sonores, gestuel, graphiques) que nous utiliserons au cour de nos ateliers sont dotés d'une sémantique et nous devons lui associer une syntaxe afin de lui donner cette dimension de langage. Pas un langage universel, mais un langage qui réponde à ces quelques exigences, les nôtres.

Chaque œuvre musicale créée sur ce modèle son propre langage, dans le cadre d’un ensemble de conventions communes : hauteurs, durées, rythme, timbres, et leurs notations. Nous tendons vers la même attitude, avec il est vrai, une ambition moindre, mais il faut impérativement s’épanouir dans cet état d’esprit. C’est probablement l’une des principales singularités de notre travail par rapport à d’autres pratiques pas si éloignées - au-delà de la simple recherche de phénomènes sonores et de leurs juxtapositions et articulations -ce qui est déjà en soi un objectif ambitieux. Nous souhaitons réellement mettre en relation ces évènements et ouvrir à la conscience de ceux qui sont à l’origine de ceux-ci qu’il n’y a rien d’anodin et qu’un choix, un jugement sur tel ou tel évènement a une implication par la suite. Ce n’est pas toujours conscient, certes, mais il en reste quelque chose, c’est en tout cas ce que nous croyons.

Comment mettre en pratique ces considérations. Comment rendre sensible ces concepts abstraits dans une pratique collective ?

Sans être explicite, il faut faire en sorte de faire comprendre par l’expérimentation la nécessité de la structuration du langage, de la mise en place de relation, de combinaisons. A la manière d’un alphabet créant les mots et de la syntaxe créant le sens.
Une séance d’improvisation et son analyse à posteriori peut avoir un effet très positif.
Lancez cette piste, proposez sans préalable de s’engager dans une séquence, ne donnez pas de départ, attendez. Vous entendrez très vite quelques remarques, ‘‘comment faire ?’’, ‘‘que faire ?’’, ‘‘quand ?’’, ‘‘doit-on commencer maintenant ?’’ etc …
Vous tenez un début d’explication. Cependant tenez bon, ne soyez en rien directif. Finalement ! vous obtenez un résultat, une suite d’événements dont vous aurez pris grand soin de noter les grandes lignes.
Si l’expérience dure, indiquez que vous marquez clairement la fin. Sans attendre, demandez à chacun une analyse rapide de ce qui vient de se dérouler. Vous obtiendrez invariablement la même réponse : ‘‘c’est n’importe quoi’’. En vérité, ce n’est pas toujours le cas. Cependant ce n’est pas inexact. Maintenant et comme vous avez pris des notes vous voilà en capacité de refaire le chemin et de « corriger ». Attention, ce mot est dangereux, il ne doit pas être utilisé brutalement, le sens n’est pas de corriger une faute mais plutôt de corriger une trajectoire par rapport à un tir initial, un choix initial.
Consultez vos notes. Revenons au pont de départ de cette séquence improvisée et essayons de l’analyser et d’envisager, ensemble, une syntaxe cohérente par le biais de la notation.
Sans tarder il faut « rejouer » l’évènement initial, le noter plus précisément, lui donner une signification dans son environnement et concevoir le suivant dans l’élan du premier. L’improvisation ainsi notée et réinterprétée, passée au filtre d’un esprit critique, s’envisage maintenant comme un acte de composition structuré par le langage et prend sens.
Sous cette démonstration tortueuse, rien de plus simple. Nous faisons ainsi, très souvent, sans vraiment jamais en prendre réellement conscience. Petit à petit en reprenant chaque détail, par l’intermédiaire de la représentation sous forme de notation des événements sonores, vous parviendrez à élever le travail de vos ateliers à la recherche d’un langage cohérent qui, si il n’a de valeur que pour un moment donné, dans un lieu donné, et pour ceux qui s’y emploient, a une inestimable valeur pédagogique. Il permet tout simplement de comprendre que c’est dans l’organisation et la manipulation des structures que naît le plaisir que l’on en retire, ou pour parler plus simplement, de création en général. De la rigueur naît la liberté.

20/09/2008

Médiathèque André Malraux

Je publie ici le texte à propos de la Médiathèque Malraux, initialement paru sur le blog Relatio-europe.eu le 14 septembre dernier. Je profite de cette publication pour annoncer le début du projet LabOrchestre, dont nous reparlerons prochainement.


Médiathèque André Malraux ;
Pour l’implantation d’un centre dédié à la découverte et à la pédagogie musicales.

Comme toute réalisation ambitieuse et d’envergure, la Médiathèque André Malraux (a) fait débat que ce soit dans sa réalisation architecturale ou dans ses missions. Quoi qu’il en soit, après la polémique vient le temps des projets et de leur réalisation concrète, nous y sommes.
En effet, la question maintenant se pose : Au-delà de la vocation première (historique ?) d’une bibliothèque/médiathèque, de son positionnement et de son rôle dans le paysage culturel Strasbourgeois et du grand Est - je dirais même au niveau national et européen - comment valoriser un tel lieu et lui donner l’épaisseur qu’il mérite, qu’il doit avoir, tout en le mettant au service des habitants de la Communauté Urbaine de Strasbourg ?

Personne ne peut ignorer qu’un lieu comme celui-ci, plus qu’un espace dédié au livre et à la lecture doit être un lieu de culture au sens large et s’engager aux cotés d’autres institutions, dans ce qui doit être sa mission première: un lieu d’échanges. Il doit favoriser l’accès de tous à la culture, à travers des activités pédagogiques et éditoriales destinées aussi bien aux adultes qu’aux jeunes.

Depuis bien longtemps, je milite (le terme est choisi) pour la création d’une structure dédiée à la pédagogie musicale. Relais indispensable des institutions existantes (orchestre, conservatoire, opéra, associations, …), qui doit permettre à chacun d’être en contact avec la musique en étant orienté, guidé, écouté aussi, pouvoir se documenter, rencontrer, …
Je me suis engagé dans cette voie depuis la fin des années 90 avec la formalisation d’un projet de centre pour la pédagogie musicale, à Montpellier d’abord, puis auprès de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg où j’ai eu la charge du département éducatif entre 2004 et 2005.

Depuis cette période, j’ai été l’invité de nombreuses structures pour encadrer de tels projets et je suis aujourd’hui particulièrement impliqué dans le développement d’un centre à Tokyo (Japon) ou j’ai animé en juillet dernier les premiers ateliers après presque deux ans de travail sur le terrain.

Ce sujet me tient à cœur, j’en connais toutes les facettes et j’y consacre une grande partie de mon temps, il me semble aujourd’hui parfaitement évident que c’est au sein de la Médiathèque André Malraux que doit se développer un tel projet, concept unique en France.



Mais pourquoi imaginer un lieu de pédagogie musicale dans une bibliothèque ?
Parce que c’est un lieu ouvert où l’on croise les publics les plus variés. Une telle offre ne doit pas s’adresser à un public précis (qui viendrait forcément à vous, où que vous soyez) elle doit aussi créer l’intérêt chez ceux, très nombreux, qui passent dans ce lieu dans un esprit de butineur ou d’explorateur. Et c’est cela la particularité du lieu à la différence d’une salle de concert ou d’un théâtre ; c’est qu’on y vient parfois sans autre objectif que de découvrir quelque chose, et la découverte créer l’envie.
Par ailleurs, ce lieu a pour vocation naturelle d’être le vaisseau amiral d'un futur réseau de médiathèques communautaires (Illkirch, Lingolsheim, Schiltigheim, …) faisant rayonner ainsi cette activité au delà de ses murs (une fois de plus aucun autre lieu ne peut irriguer à ce point).

"Si on veut que la communauté urbaine vive son intégration politique, cela passe aussi par les arts et la culture", commente le président de la CUS, M. Jacques Bigot.

Et cela passe par la pédagogie, la sensibilisation, l’accès le plus simple et facile à ce que bien trop souvent on considère comme une discipline hermétique, la musique, pour cela il faut plus qu’un pôle d'excellence.

Alors, comment doit-on s’y prendre ? que pourra-t-on y trouver ?

Ce n’est évidemment pas le lieu ici de présenter les détails, les contenus pédagogiques d’un tel projet, ce temps viendra. Mais je veux tracer quelques grandes lignes, claires et préciser avant tout un point qui me semble capital : les missions d’un centre dédié à la pédagogie musicale, ne sont en aucun cas celles qui sont du ressort du Conservatoire ou des écoles de musique. Dans ces lieux, (encore et encore, je me répète) la démarche des « utilisateurs » est volontaire et souvent le contact avec la musique à déjà eu lieu en amont, que ce soit parfois en milieu scolaire, mais plus généralement dans la sphère familiale. Cependant la complementarité et l’échange avec ces établissements doit être constante, transparente.

Avant tout, ce centre doit être un lieu pour découvrir la musique, apprendre à l’écouter, en savoir plus, aborder les langages et les styles musicaux, les instruments, le son, … Il devra pouvoir offrir une documentation simple, adaptée et complète en relation avec les programmes des institutions musicales.
Proposer un cycle de conférences, rencontres et concerts autour de thématiques larges. Permettre l’accès au plus grand nombre de documents vidéo et sonores avec un accompagnement spécifique (l’emprunt et la consultation simple étant la norme actuellement dans le domaine musical).
Créer des ponts et mettre en relation l’écrit et le sonore, le texte et la musique.
Enfin faire intervenir des artistes et des pédagogues particulièrement impliqués dans cette démarche, dans le cadre d’un programme d’activité s’adressant à toutes les tranches d’ages.

Je suis convaincu qu’un tel projet trouvera naturellement sa place dans ce nouveau lieu. Et à l’image d’André Malraux, avant tout aventurier et homme de culture, la Médiathèque doit s’inscrire dans l’aventure culturelle, qui est toujours une porte ouverte vers la découverte et le plaisir.

 

© Jean-Louis Agobet (13/09/2008)

08/09/2008

Ecouter, jouer, créer - introduction

L'introduction de l'ouvrage en préparation, sortie prévue fin 2008.

© Jean-Louis Agobet - 2008 pour la version française - Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays.

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Jean-Louis Agobet
Ecouter, jouer, créer

Pour qu’écouter et créer ne soit plus l’exception





Introduction

A leur manière, en s’appropriant et réinventant le monde sonore qui les entoure, les enfants découvrent et comprennent qu’ils peuvent devenir acteurs de ce monde sonore, se familiariser avec lui, l’apprivoiser, jouer à partir de leurs propres règles, prendre conscience du langage qu’il implique, des structures de celui-ci. Créer enfin et s’ouvrir, sûrement, vers le goût de la musique pour en devenir un auditeur attentif et curieux et pourquoi pas un acteur sensible et ouvert.

Ici n’est pas le lieu de l’enseignement ou de la formation musicale, nous n’avons ni vocation ni compétence à le faire, mais nous pouvons très simplement ouvrir les enfants au(x) monde(s) sonore(s), leur apprendre à écouter, à comprendre, et quoi de mieux que de se plonger soi-même dans ce monde pour en percevoir la richesse et le plaisir qu’il procure. Créer c’est être libre et la liberté c’est choisir. Pour faire un choix il faut pouvoir se déterminer et cela n’est possible qu’en connaissance.
Voilà pourquoi il y a un lien très fort entre une approche active et créative du son et le public de demain des salles de concert ou plus simplement le futur auditeur. Ecouter n’est pas consommer. Pour bien écouter il faut comprendre.
Pas de méthode, pas de dogme, des pistes, expérimentées, vérifiées maintes et maintes fois afin de valider cette proposition de pédagogie de la créativité sonore.

Pour autant, la liberté et le jeu peuvent parfaitement s’épanouir dans une certaine rigueur, avec parfois des contraintes nécessaires. Car si le mode du jeu et du plaisir doivent prévaloir, certaines notions exigent un nécessaire effort pour être comprises et acquises. Nous reviendrons en détail sur ces notions et sur les moyens pour les transmettre le plus simplement, le plus clairement mais aussi le plus efficacement. Ou plutôt pour faire en sorte que dans l’écoute et l’expérimentation elles deviennent naturellement évidentes.
Rien n’a plus de valeur que ce qui est appréhendé, compris, acquis dans un processus actif de la part de l’enfant. Nous n’aborderons pas ici, du moins dans le détail, ce qu’on appelle communément « pédagogie active », bien que quand Célestin Freinet dit : « La voie normale de l’acquisition n’est nullement l’observation, l’explication et la démonstration, processus essentiel de l’école, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle. » il a parfaitement raison et illustre utilement notre propos.
Il est vrai aussi qu’il n’y a rien à transmettre dans cette pédagogie de la créativité sonore. Tout est en celui qui fait : la charge est présente, seul le détonateur est manquant. C’est le rôle que nous souhaitons décrire et encourager.

Il faut maintenant se poser la question essentielle du « pourquoi ». Pourquoi une telle démarche ? Où a-t-elle sa place ? Quels en sont les objectifs ? Comme nous l’avons dit auparavant, il n’est pas question d’enseigner la musique. Mais comment peut-on – car nous sommes tous auditeurs potentiels – apprécier une œuvre musicale si l’on ne sait rien du monde sonore, des instruments, du jeu, de la composition ?...
On a abandonné l’éducation artistique depuis bien longtemps et par là même la créativité qui est au cœur de toute activité. Si l’on en croit René Rizzardo, le responsable de l’observatoire des politiques culturelles de Grenoble, la créativité sera dans un très proche avenir  « au cœur de l’économie ».
Il faut se projeter loin pour pouvoir se retourner et regarder le chemin à parcourir. Dans ce domaine et en termes de pédagogie, il faut se projeter dans vingt ans, pas dans quinze jours !
Certaines institutions culturelles l’on bien compris. En particulier les musées qui proposent une approche pédagogique très créative basée sur l’observation et l’expérimentation tournée très largement vers l’art contemporain. En musique ? rien ou presque. Les grands orchestres se lamentent de voir vieillir les salles, de perdre leurs abonnés, mais ne font quasiment rien. Nous y reviendrons.  L’éducation nationale a deserté ce territoire, refusant toute méthode alternative à ce qui fonde ses mécanismes, l’étude des règles et des lois.
Il faut des règles et des lois, c’est même la condition pour faire un bon musicien, mais ils faut qu’elles deviennent nécessaires pour celui qui fait : dans le jeu on cherche toujours les règles, quitte à les écrire soi-même. Osons ici cette comparaison, en musique cela s’appelle la composition. Il faut offrir une approche facile et ludique, tout en étant parfaitement structurée, pour permettre aux enfants de devenir musiciens-créateurs, et d’expérimenter eux-mêmes dans le cadre d’atelier de « composition » ce langage trop souvent jugé complexe, qu’est la musique. Et cela passe par le sonore car la musique est faite de sons et les enfants composent avec le son, celui qu’ils produisent, puis inventent un langage et structurent leur pensée. Cela permet d’aborder le monde sonore, la gestualité et son articulation dans un langage et bien sûr l’écrit, ou plus exactement la signification du signe, sa correspondance sonore.
Du petit ensemble de solistes au « grand orchestre », ces ateliers collectifs, bases essentielles de ce travail, devraient les amener à imaginer leur propre musique. Ils pourront ainsi développer entre autres, leur sens du rythme et des couleurs sonores. Cet ensemble de créateurs-instrumentistes permettra l’apparition d’un répertoire unique, production des enfants eux-mêmes.

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28/07/2008

lecture, Nihon University

Compte-rendu en Japonais de ma lecture à la Nihon University (sur le blog de Hiroshi Kawakami) le 8 juillet 2008.

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06/05/2008

Kodomo Tokyo Nikkei

Le grand quotidien économique Japonais ; Nikkei, présente dans son supplément Kodomo Tokyo dans l'édition du soir du 2 mai 2008, un article sur mon travail pédagogique et mes activités dans le domaine éducatif, la sortie de mon livre écouter - jouer - créer est prévue (dans l'édition japonaise) d'ici la fin de l'année 2008. Vous pouvez télécharger l'article au format pdf. 199444931.jpg

21/02/2007

l'Etude des forces à Tokyo

medium_tokyo_bunka_logo.jpgl'Ensemble Tokyo Sinfonietta annnonce la reprise de l'Etude des forces (1997 - commande de Musique Nouvelle en liberté) le 23 février 2008 au Tokyo Bunka Kaikan l'Ensemble Tokyo Sinfonietta sera placé sour la direction de Yasuaki Itakura. Cette oeuvre est éditée par Peermusic à Hambourg.  Cette oeuvre est disponible dans une version discographique de l'Ensemble Itinéraire enregistrée en 1999 pour Radio France/MFA.

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