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08/09/2008

Ecouter, jouer, créer - introduction

L'introduction de l'ouvrage en préparation, sortie prévue fin 2008.

© Jean-Louis Agobet - 2008 pour la version française - Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays.

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Jean-Louis Agobet
Ecouter, jouer, créer

Pour qu’écouter et créer ne soit plus l’exception





Introduction

A leur manière, en s’appropriant et réinventant le monde sonore qui les entoure, les enfants découvrent et comprennent qu’ils peuvent devenir acteurs de ce monde sonore, se familiariser avec lui, l’apprivoiser, jouer à partir de leurs propres règles, prendre conscience du langage qu’il implique, des structures de celui-ci. Créer enfin et s’ouvrir, sûrement, vers le goût de la musique pour en devenir un auditeur attentif et curieux et pourquoi pas un acteur sensible et ouvert.

Ici n’est pas le lieu de l’enseignement ou de la formation musicale, nous n’avons ni vocation ni compétence à le faire, mais nous pouvons très simplement ouvrir les enfants au(x) monde(s) sonore(s), leur apprendre à écouter, à comprendre, et quoi de mieux que de se plonger soi-même dans ce monde pour en percevoir la richesse et le plaisir qu’il procure. Créer c’est être libre et la liberté c’est choisir. Pour faire un choix il faut pouvoir se déterminer et cela n’est possible qu’en connaissance.
Voilà pourquoi il y a un lien très fort entre une approche active et créative du son et le public de demain des salles de concert ou plus simplement le futur auditeur. Ecouter n’est pas consommer. Pour bien écouter il faut comprendre.
Pas de méthode, pas de dogme, des pistes, expérimentées, vérifiées maintes et maintes fois afin de valider cette proposition de pédagogie de la créativité sonore.

Pour autant, la liberté et le jeu peuvent parfaitement s’épanouir dans une certaine rigueur, avec parfois des contraintes nécessaires. Car si le mode du jeu et du plaisir doivent prévaloir, certaines notions exigent un nécessaire effort pour être comprises et acquises. Nous reviendrons en détail sur ces notions et sur les moyens pour les transmettre le plus simplement, le plus clairement mais aussi le plus efficacement. Ou plutôt pour faire en sorte que dans l’écoute et l’expérimentation elles deviennent naturellement évidentes.
Rien n’a plus de valeur que ce qui est appréhendé, compris, acquis dans un processus actif de la part de l’enfant. Nous n’aborderons pas ici, du moins dans le détail, ce qu’on appelle communément « pédagogie active », bien que quand Célestin Freinet dit : « La voie normale de l’acquisition n’est nullement l’observation, l’explication et la démonstration, processus essentiel de l’école, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle. » il a parfaitement raison et illustre utilement notre propos.
Il est vrai aussi qu’il n’y a rien à transmettre dans cette pédagogie de la créativité sonore. Tout est en celui qui fait : la charge est présente, seul le détonateur est manquant. C’est le rôle que nous souhaitons décrire et encourager.

Il faut maintenant se poser la question essentielle du « pourquoi ». Pourquoi une telle démarche ? Où a-t-elle sa place ? Quels en sont les objectifs ? Comme nous l’avons dit auparavant, il n’est pas question d’enseigner la musique. Mais comment peut-on – car nous sommes tous auditeurs potentiels – apprécier une œuvre musicale si l’on ne sait rien du monde sonore, des instruments, du jeu, de la composition ?...
On a abandonné l’éducation artistique depuis bien longtemps et par là même la créativité qui est au cœur de toute activité. Si l’on en croit René Rizzardo, le responsable de l’observatoire des politiques culturelles de Grenoble, la créativité sera dans un très proche avenir  « au cœur de l’économie ».
Il faut se projeter loin pour pouvoir se retourner et regarder le chemin à parcourir. Dans ce domaine et en termes de pédagogie, il faut se projeter dans vingt ans, pas dans quinze jours !
Certaines institutions culturelles l’on bien compris. En particulier les musées qui proposent une approche pédagogique très créative basée sur l’observation et l’expérimentation tournée très largement vers l’art contemporain. En musique ? rien ou presque. Les grands orchestres se lamentent de voir vieillir les salles, de perdre leurs abonnés, mais ne font quasiment rien. Nous y reviendrons.  L’éducation nationale a deserté ce territoire, refusant toute méthode alternative à ce qui fonde ses mécanismes, l’étude des règles et des lois.
Il faut des règles et des lois, c’est même la condition pour faire un bon musicien, mais ils faut qu’elles deviennent nécessaires pour celui qui fait : dans le jeu on cherche toujours les règles, quitte à les écrire soi-même. Osons ici cette comparaison, en musique cela s’appelle la composition. Il faut offrir une approche facile et ludique, tout en étant parfaitement structurée, pour permettre aux enfants de devenir musiciens-créateurs, et d’expérimenter eux-mêmes dans le cadre d’atelier de « composition » ce langage trop souvent jugé complexe, qu’est la musique. Et cela passe par le sonore car la musique est faite de sons et les enfants composent avec le son, celui qu’ils produisent, puis inventent un langage et structurent leur pensée. Cela permet d’aborder le monde sonore, la gestualité et son articulation dans un langage et bien sûr l’écrit, ou plus exactement la signification du signe, sa correspondance sonore.
Du petit ensemble de solistes au « grand orchestre », ces ateliers collectifs, bases essentielles de ce travail, devraient les amener à imaginer leur propre musique. Ils pourront ainsi développer entre autres, leur sens du rythme et des couleurs sonores. Cet ensemble de créateurs-instrumentistes permettra l’apparition d’un répertoire unique, production des enfants eux-mêmes.

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Commentaires

Je salue votre générosité et attends avec impatience de lire "en français" votre livre.

Écrit par : mamamia | 09/09/2008

Je vous l'ai déjà dit, j'aime votre couleur musicale et j'admire votre talent mais là" votre écouter,jouer,créer" à destination des enfants c'est le plus bel investissement que l'on peut faire dans une vie. La réussite par le talent est honorable;transmettre à des enfants la façon de découvrir un monde de sensations merveilleuses c'est un maillon de chaîne éternelle et pour rester terre-à-terre la certitude que vos musiques, Mesdames & Messieurs les compositeurs, auront toujours des auditeurs attentifs et parmi eux quelques nouveaux maillons de la chaîne.
J'espère, je souhaite que ce très beau projet soit soutenu par nos dirigeants dans le domaine de l'éducation musicale. Je rêve sans doute;résultat pour la France,vous ferez comme bien d'autres vous partirez vers un pays plus intelligent qui aura compris tout l'intérêt que cela représente pour "ses enfants".
Je souhaite, j'espère, je formule tous les voeux possibles pour cette belle croisade.

Écrit par : Julien C | 09/09/2008

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